Parmi les grands groupes qui ont commencé dans les années 60, on retrouve aussi The Who (formé par Keith Moon en 1964), qui sort Tommy, son premier opéra rock, en 1969.
De son côté, le jeune Jim Morrison crée les Doors en Juillet 1965, qui sort son premier album éponyme en 1967. 1967, année de très grand cru pour le rock par ailleurs, avec les débuts des plus grands groupes tels les Velvet Underground avec The Velvet Underground And Nico, Pink Floyd, créé en 1965, avec The Piper At The Gates, mais aussi l'immense guitariste Jimi Hendrix, qui sort cette même année 1967 son premier disque, Are You Experienced. C'est également en 1967 que les étudiants anglais Peter Gabriel, Mike Rutherford et Tony Banks forment le groupe de rock Genesis.
Les années 60 verront également les débuts de Frank Zappa avec Freak Out ! en 1966 (le bonhomme enregistrera 64 albums en 26 ans de carrière !!!), et d'un groupe débutant en 1969 avec ses deux premiers albums en l'espace de six mois, mais je doute que le nom de Led Zeppelin vous dise quelque chose, pas vraiment en 1969 en tout cas...
Le jazz des sixties : entre perdition et renouveau
Au début des années 60, on peut le dire, le jazz se fait sérieusement éclipser par le boom du rock. Mais il y a toujours de grands noms, comme Louis Armstrong et Duke Ellington, qui enregistrent The Great Reunion en Avril 1961. Aussi, en Septembre 1962, John Coltrane et Duke Ellington enregistrent leur unique album ensemble. Puis les grandes figures du jazz décèdent tour à tour : Nat King Cole dans un premier temps, le 15 Février 1965, puis John Coltrane, le 17 Août 1967. On croit que le jazz va finir par se perdre...
C'était sans compter sur le sang neuf. Car déjà, depuis une dizaine d'années, le jeune Paul Anka fait figure de petit génie du style, mais voilà qu'arrive une voix en or, avec une chanson qui réussira même à détrôner les Beatles : le 2 Juillet 1966, Frank Sinatra prend la 1ere place du classement des ventes aux Etats-Unis avec Strangers in the night. Finalement, les jeunes redonnent un peu de mou au jazz, qui a encore de belles années devant lui.
Les sixties en France : premiers rockeurs et années yé-yé
Après avoir largement écumé l'Amérique, la « révolution rock » vient toucher l'Europe fin des années 50, et c'est en 1960 que, pour la première fois, un rockeur français passe à la télévision. Le 18 Avril, l'Hexagone découvre un adolescent fan d'Elvis qui pousse la chansonnette, le jeune pousse se nommant Johnny Hallyday.
Après que Johnny eut vendu quelques exemplaires de son premier 45 tours « Laisse les filles », le 24 Février 1961 a lieu le premier grand concert de rock à Paris, avec Johnny Hallyday bien sur, mais aussi Frankie Jordan et le groupe déchaîné des Chaussettes Noires, emmené par leur leader, Eddy Mitchell. Johnny qui profite de la notoriété flagrante du rock aux Etats-Unis pour importer, et surtout traduire, plusieurs morceaux en français. Ainsi, son public découvre Mr. Lonely de Bobby Vinton (devenu Quand revient la nuit), Black is black de Los Bravos (devenu Noir c'est noir), ou encore le Hey Joe de Jimi Hendrix. Le jeune homme, qui dit à la télé avoir un père américain et une mère française (il faudra beaucoup de temps à la presse pour apprendre la tromperie), compose aussi des titres originaux, comme Le pénitencier et Cheveux longs idées courtes.
Mais il faut l'admettre, au-delà de Johnny Hallyday, des Chaussettes Noires et de Dick Rivers, le rock, qui fait toujours mauvais genre et blousons noirs, a un succès estompé à côté de la musique pour lycéens par excellence, le yé-yé.
Il est assez difficile de dater l'arrivée du yé-yé chez les disquaires. Si le terme est apparu en 1959 grâce au sociologue Hervé Morin, on peut estimer les débuts du yé-yé en 1962, avec trois artistes qui se lancent au même moment sur le devant de la scène : à seulement quelques jours d'intervalle, le pays découvre Claude François (avec Belles, belles, belles), Sheila (avec L'école est finie) et Françoise Hardy (avec Tous les garçons et les filles...). Un tel succès qui entraînera l'apparition de France Gall (grâce à sa victoire pour le Luxembourg lors de l'Eurovision 1965, avec Poupée de cire poupée de son), de Sylvie Vartan ou encore du bien mystérieux Jacques Dutronc.
Puis, le 11 Avril 1965, un évènement accélère ce qui peut aboutir à la création des magazines people : Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, les deux stars du moment, s'unissent par les liens du mariage et donneront naissance à un petit David Hallyday. Ainsi, les arrivées scéniques de Mireille Mathieu (lors de l'émission « Télé Dimanche »), Christophe (avec Aline) et Hervé Vilard (avec Capri c'est fini), passeront dans un premier temps inaperçues.
La suite des années 60 sera la pente ascendante de Claude François, qui fait apparaître les Clodettes en 1966, compose une série de tubes cultissimes et multiplie les performances scéniques remarquables. Et en 1967, « Cloclo » est déchiré par un chagrin d'amour connu avec France Gall. Déterminé à écrire quelque chose à ce sujet, il fait appel à Gilles Thibaut et Jacques Revaux pour l'aiguiller dans sa création : de là naîtra la troisième chanson la plus interprétée dans le monde, Comme d'Habitude (My Way en anglais, légèrement remaniée par Paul Anka et chantée par les plus grands, tels Sinatra, Presley et Sid Vicious).
Les sixties en France seront aussi l'occasion de découvrir Michel Polnareff (avec La poupée qui fait non), et Serge Gainsbourg, le provocateur sans faille, qui fera beaucoup parler de lui, à commencer en 1968 : en pleine idylle avec Jane Birkin, idole beatnik du cinéma anglais, il écrit le duo 69, année érotique, qui choquera le public tout aussi fort que le rock ne l'a fait auparavant.